IL ETAIT UNE FOIS DES OURS…

« Une réflexion anthropologique sur les rapports homme-ours »

C’est dans une complicité manifeste avec l’assistance que Sophie BOBBE, anthropologue (CNR-EHESS), est revenue sur les lieux de ses premières recherches, qui portaient alors et déjà sur l’Ours en Catalogne ; et c’est ensuite que, (entre autres études sur les activités humaines, animalières et environnementales), elle les a complétées, élargies et enrichies par d’autres travaux sur les rapports entre l’homme et l’animal, y compris dans d’autres Etats d’Europe.

Il ne s’agissait, cette fois ci, non plus du volet festif des célébrations locales de ce plantigrade, mais d’une approche plus psycho- sociale de la relation complexe et ambigüe entretenue, au cours de l’histoire, avec cet animal sauvage, si peu éloigné de l’être humain et souvent l’objet d’un quasi-culte (l’Eglise n’a-t-elle pas dû prohiber sa représentation sur les étendards des « Princes» de l’époque pour la remplacer par celle d’un…lion ?) .

Il a été à cette occasion rappelé, notamment par Robert Bosch, spécialiste de la question, que c’est justement par ses enquêtes sur le déroulement de ces traditionnelles fêtes de l’Ours dans le Haut Vallespir que Sophie Bobbé a commencé, une trentaine d’années en arrière, sa carrière universitaire, en y associant spontanément, pour la première fois alors, (telle une préfiguration de leur candidature, conjointe et en cours, à une inscription auprès de l’Unesco), les trois communes d’Arles sur Tech, St- Laurent de Cerdans et bien entendu.de Prats de Mollo. Et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’elle a retrouvé dans la salle un certain nombre d’authentiques acteurs de ces populaires Fêtes d’autrefois, qu’elle commençait tout juste à observer..

Cette conférence, présentée avec finesse et profondeur, avait été organisée par le Pays Pyrénées- Méditerranée dans le cadre de l’opération « En Course pour l’Unesco »

Sophie et d’anciens « sujets d’étude » (photo JF Pompidor)

une assistance « toute oreilles (photo JF Pompidor)

Conférence ( En cOURSe pour l’UNESCO )

Bonjour,
Sophie BOBBÉ, anthropologue parisienne, revient sur l’un de ses premiers terrains d’enquête trente après son étude sur les fêtes de l’Ours en Catalogne. 
Ainsi, elle a découvert la fête de Prats-de-Mollo en 1984 et 1985 et celles d’Arles-sur-Tech et de Saint-Laurent-de-Cerdans en 1986.
Elle proposera une conférence « Il était une fois des ours » à Prats de Mollo la Preste sur le thème des rapports hommes-ours le SAMEDI 26 NOVEMBRE à 17h (salle polyvalente – Cinéma Le Nouveau Palace).
Cette rencontre sera suivie d’un apéritif convivial.
Comptant vivement sur votre présence,
Bien cordialement
Christelle Nau
confours

Les Adieux à Jean Lareuse

jlUn artiste reconnu, qui a porté avec talent les couleurs et l’art catalans outre- atlantique, est revenu ,il y a peu ,à Prats de Mollo, retrouver,- mais à jamais cette fois ci, une partie de ses racines, là même où il séjournait chaque été avec son épouse,
Jean Lareuse laissera dans la mémoire des Pratéens de souche et de coeur une trace indélébile : outre la restauration de l’écusson de la Cité , altéré par les inondations, il a passionnément contribué à l’embellissement de la Chapelle des Saintes Juste et Ruffine,construite au XVII° à l’emplacement même où avait eu lieu un des miracles qui leur étaient attribués ; les trois prodiges de ces élues, ainsi que le rappel de leur supplice, sont également reproduits sur la façade et les murs de l’édifice , parmi une vingtaine d’autres tableaux ou vitraux, exposés en permanence,représentant le Christ, des Madones, et retraçant les « quatre étapes du destin de l’Homme ».
Né en 1925 de père cérétan et de mère pratéene, dont il a été très tôt orphelin, élevé en internat religieux à Perpignan, Jean Lareuse exerce des activités professionnelles à Bourg Madame et à Port Vendres, puis suit les cours de l’Ecole des Beaux Arts de Paris, avant de gagner les Etats Unis, pour poursuivre sa carrière encore débutante d’artiste peintre et où il y fondera une famille. Il réusira pleinement sur ces deux plans,et créera en 1968 à Washington la « Galerie d’Art Lareuse », tout en exposant ses œuvres à une cinquantaine de reprises, tant en Amérique qu’à Paris, et pour la dernière fois à Collioure cette année (évenement relaté ici même en octobre) .
Se voulant libre et « hors de toute Ecole », sa palette créative -où l’on peut déceler un « mélange de techniques impressionnistes et pointillistes », est très variée : outre divers sujets sur céramiques et sculptures, ses thèmes picturaux de prédilection vont des Marines et des Paysages, aux Natures Mortes et Personnages –notament des portraits de famille ou de Nonnes- en passant par les Chevaux, dans de vivantes scènes de courses ou de chasse, l’ensemble « aux couleurs gaies et franches ». Mais la part la plus touchante est, comme on l’a vu, celle de la Peinture Sacrée, proche du style de la Renaissance,et inspirée des costumes et des visages -« aux contours naturels «  et « pleins et de piété »., trouvés sur les  «  retables des eglises catalanes romanes » …
Souhaitons que le petit sanctuaire qui , au cœur du village, abrite ces gracieuses expressions de piété demeure pour toujours accessible aux promeneurs à la recherche de paix ,et de silence et de recueillement

(« clichés extraits de l’ouvrage sur l’artiste «Jean Lareuse, le plus Catalan des peintres américains » 2012 )

Prats de Mollo

L’APLEC DES « ANGELETS DE LA TERRE »

Peu après le traité des Pyrénées de de 1659, Louis XIV, qui venait d’imposer  la taxe sur le sel (la gabelle) aux Catalans malgré ses promesses, se heurtait à une révolte populaire (le sel destiné au bétail servait aussi à l’époque à conserver la viande) menée par les « Angelets de la Terra », animée  par le pratéen Jep de la Trinxéria, et combattue par François de Sagarra, à la tête des troupes royales.(1)

C’est donc cette année encore, qu’a été  organisé à Prats la manifestation festive « l’ Aplec des Angelets », avec la projection de la comédie musicale « les Angelets de la Terra  » (musique de de Jordi Barre, paroles de Joan.Tocabens ), à la mémoire des courageux montagnards du Haut Vallespir, qui ont osé défier une armée puissante et aguerrie, témoignant une fois de plus de leur attachement à leur histoire et à leur culture, pourtant délibérément ignorées par la toute récente refonte de la Région, (devenue « Occitanie ») effaçant toute référence à la catalinité.,

La journée a été marquée par la traditionnelle marche sur le sentier historique de la « Retirada » (emprunté aux débuts de 1939 par les réfugiés de la Guerre Civile), agrémentée d’un repas typiquement local, (prisé par les Muletiers d’antan) et s’est achevée par des rondes de sardanes animées par la cobla « Tres Vents »

  1. signalons à nouveau que l’un des épisodes les plus spectaculaires de ces affrontements, une embuscade dénommée  » la Batalla de Maurès », entre Arles sur Tech et Prats de Mollo,  est décrit par Robert FAITG dans un article intitulé  » « du Cami Reial aux  Angelets de la Terra », publié dans  le n° 3 de la revue « Costabona », éditée par l’association Velles Pedres i Arrels.

    la pochette de la comédie musicale

 

 

 

 

un souvenir bien ancré à Prats