AU TOUR DE LA RELÈVE

des Oursons …..

Clôturant les festivités, cette Journée « Ours-Juniors » est la réplique exacte de celle consacrée aux « Séniors », avec ses étapes, son cadre,  et son rituel (le tirage au sort la veille, l’escorte, le cadre et l’ambiance, la cobla, les apprêts au Fort, la chasse et les courses dans les rues, les défis et machurâges, la capture, le rasage, la réconciliation., la crémation commune . )

(photos JF Pompidor)

aux jeunes Fêtards….

Le scénario s’inspire aussi en grande partie de la cavalcade des « grands », avec pour chacune de ces classes d’âge, sa propre « Majesté Carnaval », toutes deux destinées au bûcher final.. le défilé costumé en ville, l’Encadenat, la Posta, l’Echelle, le Tio-tio, le bucher

(photos JF Pompidor)

CARNAVAL 2017 , DANSES et PARURES

Si dans cette deuxième journée des festivités de la Chandeleur, qui fait suite à celle dédiée à l’Ours, le rituel, la musique et les danses traditionnelles continuent d’être intégralement conservés, on ne peut pas en dire autant des déguisements, au regard des accoutrements de jadis, improvisés, souvent élimés, aussi insolites qu’improbables, tirés du fond d’une vieille armoire de grand- mère. Désormais foisonnent des tenues plus rutilantes et seyantes, rivalisant d’originalité et d’inventivité, pleines d’humour ou s’inspirant de thèmes d’actualité..

Cette évolution est en tout cas loin de nuire à la tenue et à l’attrait de ces réjouissances, (plus amplement décrites ici même au mois de février 2015 et 2016). . Dès le matin : cortège dans le village de la  « Mascarade »  des enfants, revêtus de blanc, munis de casseroles et soufflant dans des trompes

L’après-midi, toujours accompagnés de la cobla, « l’ Encadenat » ,- entrecroisement animé et coloré de danseurs déguisés parcourant les rues,-et  le « Ball de la Posta », – planche de bois ornée du Diable et de la Vierge assénée aux couples de danseurs (et sur la croupe des cavalières)-, avec néanmoins, cette année de mauvais temps, une exceptionnelle entorse à la coutume, l’annulation de la « Corrida » – parodique combat entre taurillons et jeunes risque-tout.

Enfin, après d’autres réjouissances, toujours au son de la cobla, « l’Echelle », -pratique à l’origine encore mal définie mais qui n’est pas sans rappeler- humour en plus-le sort des forçats ;- enfin le Tio-Tio, simulacre facétieux de joute entre l’homme et le feu.

Et, selon la tradition, c’est du reste celui ci qui aura, tard dans la nuit, sous forme d’un bucher et sur le Firal, au milieu des acclamations, le tout dernier mot…

la Mascarade

(photos JF POMPIDOR)

UN THEATRE A CIEL OUVERT : LA JOURNEE DE L’OURS

(à votre attention : pour une information plus complète sur le déroulement et le sens de cette « Journée de l’Ours », il n’est pas sans intérêt de se reporter notamment aux articles des années précédentes : 7 et 8/2/20015 et 7/2/2016)

LE DECOR ET LES INTERPRETES

On sait que c’est du Fort Lagarde (reconstruit par Vauban, en haut à droite de la vue), perché au-dessus du village que la troupe des protagonistes de ce rituel multiséculaire , fin prête et accompagnée de curieux, se dirige sur le village : les Ours bien sûr, héros du jour, et leur cercle rapproché, les Chasseurs, et les Barbiers ..

Rappelons la signification et l’origine de cette coutume :

« Ces traditions, autrefois répandues un peu partout en Europe, se perdent dans la nuit des temps ; cette fête marque le rite païen du passage de l’hiver au printemps, et du monde sauvage, inquiétant et dangereux à un monde civilisé, le retour des travaux des champs et à cette nature de nouveau domestiquée. La Fête de l’ours est une métaphore de ce passage du sauvage au civilisé. La première référence écrite en Catalogne à Barcelone, remonte à l’année 1444. Ces fêtes de l’ours ont marqué de leurs empreintes toute la chaîne des Pyrénées, chaque vallée, chaque ville en faisant une version ayant ses particularités. Alors que dans des villages voisins des Pyrénées Orientales beaucoup de « Fêtes de l’Ours » ont disparu à cause d’interdictions préfectorales, suite à des accidents, ou sont tombées en désuétude. Les trois villages que sont Arles sur Tech, Saint Laurent de Cerdans et Prats de Mollo, ont su faire en sorte que la tradition se perpétue surtout grâce à l’implication des jeunes, et soit toujours très vivace, chacune étant particulière à son village. » … « la candidature auprès de l’UNESCO afin d’inscrire l’ensemble de ces fêtes sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’Humanité suit son cours »  (extrait d‘un article paru dans le N° 133 de l’Arbre Mentider , la gazette locale, dont ont été en outre ici reproduites la plupart des photographies).

DES COULISSES A L’AVANT –SCENE

C’est donc à l’intérieur des remparts du Fort que se prépare l’expédition : après un solide « brunch » convivial, il est procédé au long et minutieux habillage des Ours , et à leur maquillage à la suie et à l’huile , jusqu’au « look » irréprochable conforme à la tradition..

La troupe au complet (supporters compris) dévale ensuite la pente du Fort sous la crépitation des armes des chasseurs, fait face aux premières escarmouches, et à l’entrée du village, rend à la Cité un premier salut solennel, avant d’y pénétrer triomphalement,

LA CITE EST BIEN A EUX

On leur cède passage, dans les rues et sur les places, respecteusement -et mê me craintivement –mais, déjà ,les premières proies prometteuses sont en vue.

Ils passent alors sauvagement à l’acte , avec souvent placage au sol en cas de résistance (ou simple machurage dans le cas contraire) ; même si dans le public, on ose parfois, les défier (par des jets de bâton » avec renvois, et la « danse de l’Ours », qui finit par une roulade au sol)

C L A P DE F I N

Mais les Ours en ont peut être trop fait, (même s’ils ont droit à une pause assise ) , et il faut mettre un terme à la terreur qu’ils font impunément régner à leur insupportable domination du moment.

Alors les Barbiers se préparent à renverser cette indmissible suprématie, et à neutraliser les fauves ; mais ces derniers , même enchainés, ne se laissent pas faire, et menacent toujours le public … ils sont enfin cloués au sol ou sur une chaise…

Il est temps pour les « hommes en blanc »-, hache et boudin à la main, en guise de rasoir et de blaireau- de s’attaquer d’abord à leur pelage, signe le plus manifeste de leur bestialité.

Une fois l’ordre rétabli et sauvées les apparences, -et donc les différences- la fraternisation dans la liesse est de mise, sous les détonations, les chants de joie , et au son de la célèbre et traditionnelle « chanson de l’Ours » (reprise bien plus tard par Charles Trenet) , jouée en continu par la cobla.

Selon la légende, l’Ours n’épousa t il pas une Pratéenne, pour même entrer plus tad au Conseil Municipal ?

L’ OURS VA REVENIR

En ce moment même, l’Ours de cette contrée se prépare, dans nos hautes forêts, à son retour à une vie normale, à peine réveillé de son long sommeil hivernal

Se doute-t-il que, déjà repéré, les villageois d’en bas sont en train d’organiser une battue pour le capturer, puis le ramener au plus près de la condition humaine.

Tout est soigneusement prévu pour cet accueil, si l’on en juge par le calendrier proposé, tant sur les affiches que sur les journaux, (et où figure aussi le déroulement, dès le lundi, des réjouissances du Carnaval). Voici le programme de l’Office Municipal de Tourisme :

.-Vendredi 10 février à 18h au Cinéma « Le Nouveau Palace »

18h00 Vidéo-diaporama de Benjamin Malassingne : « Fêtes de l’Ours du Haut-Vallespir » Présentation souscription du prochain livre d’Oriol Lluis Gual : « Les Derniers Ours, une histoire des fêtes de l’Ours », Visite de l’exposition « Una mirada sobre l’ós » photographies de Jean Ribière par l’exposition Costumari de Catalunya Nord

-Samedi 11 Février

10h300 : Défilé de leurs Majestés Carnaval sénior et Junior avec passant de ville

11h00 : sardanes place Joseph de la Trinxeria devant la Mairie

11h45 : Election des Ours Junior par les Ours Seniors

13h00 : Calçotada sur le Foiral (Le Foyer Rural en cas d’intempérie)

16h00 : Bal des enfants au Foyer Rural

17h30 : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Gérona Place d’Armes

-Dimanche 12 Février

un ours en alerte ( (Photos JF. Pompidor )

« Fête de l’Ours »

11h00 : – Exhibition de la Colla Costabonne – Contrepas – Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona Place d’Armes.

13h30 : Habillage des ours au fort Lagarde

14h30 : Grande Chasse à l’Ours

16h30 : Rasage sur le Foiral- suivit d’une Ballada de Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona Place Joseph de la Trinxeria devant la Mairie.

22h30 : Grand Bal au Foyer Rural avec Christian Fontaine

-Lundi 13 Février

la tête du défilé à la rencontre de SM Carnaval

10h00 : Mascarade

11h00 : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona, Place Joseph de la Trinxeria.

15h00 : Encadenat, Corrida, Ball de la poste, et Ball de correr

17h30 : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona Place d’Armes

22h30 : Grand Bal au Foyer Rural avec Christian Fontaine.

Avec Tio-tio, l’Echelle et à la fin de la soirée Incinération des deux Majesté Carnaval

-Mardi 14 Février

« Fête de l’Ours Junior »

10h30 : Rassemblement sur le Firal

13h30 Habillage des Ours Junior au Fort Lagarde

14h30 : Grande Chasse à l’Ours Junior

16h00 : Rasage des Ours Junior sur le Foiral et Incinération de la Patote

16h30 : Gouter au Foyer Rural

OCCITANS ET / OU CATALANS : SUITE (et FIN ?)

A la fin du mois de décembre 2016, sur ce site était annoncée la publication prochaine du logo définitif de la nouvelle Région « Occitanie-Pyrénées Méditerranée ». Eh bien, c’est fait, et s’il en est encore question ici, c’est bien parce que le sujet interpelle plus que jamais, ——-comme on l’a souligné-, cette partie frontalière du département, encore relativement isolée du fait de son relief et de son éloignement des grandes voies de circulation, facteurs qui ont fortement contribué à la préservation de la conscience intime et profonde de ses traditions et de sa culture..

A peine paru, ce logo, a fait l’objet de diverses critiques tant sur sa configuration propre que pour sa portée symbolique : le défaut d’authenticité et de lisibilité du versant « catalan » (3 barres d’inégale hauteur au lieu des 4 semblables, de couleur jaune et non rouge sang,- comme le commande la légende . Et en regard, la part avantageuse réservée au volet « occitan » : la reproduction fidèle et évocatrice des lignes brisées de la Croix Languedocienne ; la substitution, considérée comme chargée de sens, à la barre absente, d’un point identique à ceux ornant les extrémités de la croix

Mais, ailleurs, d’autres voix se font entendre, mettant en avant la préoccupation affichée à la fois de continuité du passé et d’innovation, s’agissant d’une entité sans précèdent  ; ou bien, outre le souci d’esthétique, la recherche d’une symétrie et d’un équilibre dans la représentation de chacune de ces deux principales composantes, malgré leur disparité d’étendue , de démographie et de potentiel économique .

Quoi qu’il en soit, la déception demeure en Pays Catalan, comme le résume avec humour le croquis du caricaturiste du quotidien l’Indépendant, paru le jour de la publication du nouveau logo.

sans commentaire….

un logo consensuel ?

Les Vallées Catalanes du Tech et du TER

LE PAYS D’ART ET D’HISTOIRE TRANSFRONTALIER, BILAN et PROJETS

C’est à la Médiathèque « le Nouveau Palace » que se sont réunis de nombreux élus des deux versants des Pyrénées pour la présentation du bilan 2016 et de projets pour 2017 du Pays d’Art et d’Histoire Transfrontalier des Vallées Catalanes du Tech et du Ter, ainsi que pour le renouvellement du bureau. C’est à plusieurs titres que Prats de Mollo et sa haute vallée étaient concernés par cette cérémonie : d’abord de par son rôle actif de partie prenante dans cette structure, dont elle a jusqu’à présent hébergé le siège et l’équipe dirigeante du côté français (avant un prochain déménagement dans un site tout proche, spacieux et plus fonctionnel) ; ensuite du fait de la fin règlementaire de la présidence tournante, pour le Haut Vallespir, de Bernard Remedi, précédent Maire de notre Cité et ancien Conseiller Général, dont l’action positive a été saluée.

Rappelons que cette structure créée en 2010 « réunit des Communes et des acteurs en milieu rural sur l’espace transfrontalier des deux Catalognes »… qu’il regroupe en sa qualité de «  premier Pays d’Art et d’Histoire dont les frontières dépassent les limites administratives françaises », et qui est « géré par une structure juridique européenne, le GECT ». (valleescatalanes.org).

Le label PAH «  qualifie des territoires, communes ou regroupements de communes qui, conscients des enjeux que représente l’appropriation de leur architecture et de leur patrimoine par les habitants s’engagent dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien à la création et à la qualité architecturale et du cadre de vie »… « dans une perspective de développement culturel, social et économique ».

Parmi les très nombreuses réalisations de notre Pays d’Art et d’Histoire pour l’année 2016, financées par les instances européennes, ainsi qu’au plan national, régional et départemental, figurent des visites guidées de monuments, de sites, des jeux, des partenariats, des activités scolaires et péri scolaires, des publications, et la participation au groupe de travail pour les fêtes de l’Ours à l’UNESCO, dont Prats de Mollo est une des vitrines. Pour 2017, outre l’intensification et la diversification de ces actions, sont prévus, entre autres, l’amélioration de l’équipement numérique et documentaire, le lancement d’un festival transfrontalier de musique sacrée, la mise en place de nouveaux partenariats etc.

Les deux co-Présidents nouvellement élus sont, pour le Maire de Sant Joan de les Abadesses au sud, et celui de Maureillas les Illes, pour le Haut Vallespir.

le nouveau et l’ancien Bureau (photo JF Pompidor)

l e logo national des PAH

CATALANS ET/OU OCCITANS ?

Si vous passez par Prats de Mollo ,vous rendant en Espagne ou en revenant, à pied ou sur roues, vous êtes prévenu : vous vous trouvez bien désormais en «  Pays Catalan » ; inédit, ce nouveau signalement – dorénavant apposé à l’entrée de la plupart des agglomérations des Pyrénées Orientales, ne manque pas ici de surprendre par son évidence, en ces hautes terres frontalières de l’ancien Comté de Barcelone, imprégnées d’une culture commune, irriguées depuis par de multi- séculaires échanges économiques et sociaux .

Pourtant cette banale indication qui, ici , parait aller de soi , n’est qu’une des manifestations les plus visibles de l’effervescence qui agite depuis l’été dernier tout le Département, depuis la consultation populaire, au mois de juin , sur le choix du nom de la nouvelle Région, issue de la fusion des deux préexistantes, (« Languedoc Roussillon » et « Midi – Pyrénées » avec respectivement Montpellier et Toulouse à leur tête ). Car l’ option finale et exclusive « Occitanie », (même ultérieurement tempérée du sous- titre géographique « Pyrénées- Méditerranée») gommait ainsi toute référence à la catalanité (précédemment incluse dans le terme «Roussillon ») . Elle ne manquait dès lors pas de provoquer, pour obtenir au moins l’adjonction des mots « Pays Catalan », une série de réactions d’ordre populaire, politique, ou juridique, allant de la création de « collectifs », de requêtes, de manifestations, à l’engagement de recours devant le Conseil d’Etat, ou, à titre subsidiaire, à la revendication d’une nouvelle appellation pour le département, incluant l ‘adjectif « Catalan », ou enfin à la création, prévue par la Constitution,, d’une nouvelle « Collectivité territoriale unique », à l’exemple de la Corse.

Cette vive émotion, ces multiples pétitions, pourraient étonner ou prêter à sourire, si elles ne reflétaient d’abord le sentiment d’isolement éprouvé en regard de la vaste et puissante nouvelle Région. Et surtout si cette agitation ne visait pas en réalité à repousser la menace durement ressentie de la disparition programmée -et donc de la négation- de toute la spécificité catalane , de son histoire , de sa langue, auxquelles les Français de ce bout des Pyrénées, (dont pourtant la fidélité à la France peut ici se mesurer à l’impressionnante liste des victimes de deux Guerres Mondiales sur le Monument aux Morts de la Cité) sont, de si longue date, viscéralement attachés, et aimeraient pouvoir le rester, en ce monde de plus en plus déboussolé.

Le précédent logo

VINGT ANS D’EPREUVES

C’est une période peu connue en France, celle de la fin de la Guerre civile espagnole et de ses douloureuses suites, entre 1939 et 1959, qui est donnée à voir ces temps-ci au Salon d’Honneur de la mairie de Prats de Mollo. Elle est organisée dans le cadre des échanges culturels animés par le Pays d’Art et d’Histoire Transfrontalier du Tech et du Ter, à l’aide de panneaux réalisés par l’Ajuntament de Barcelone conjointement avec le Muséeu Etnologic, et prêtés par la Casa de la Generalitat de Perpignan.
Intitulée « Fam i Guerra a Catalunya », elle évoque les tragiques moments de répression et de disette dont s’est accompagnée , pendant au moins deux décennies, la prétendue «  libération » de l’Espagne par les troupes franquistes.

Pour Prats de Mollo , qui au début de l’hiver 1939 a vu -et provisoirement accueilli -près d’une centaine de milliers de soldats et de familles franchir le Col d’Ares sous la neige, ces épisodes font revivre des souvenirs poignants , auprès des témoins, mais plus encore des descendants de ces réfugiés, dont un certain nombre se sont établis avec succès dans le Département, revivifiant à cette occasion la culture catalane commune.

la présentation de l’exposition (photo JF Pompidor)

UN TEMOIGNAGE PATRIMONIAL EXCEPTIONNEL

La fête de l’Ours à Prats de Mollo il y a 65 ans


Prats de Mollo n’en finit pas de renouer avec la mémoire de ses traditions, dans ce qu’elle ont de plus lointain et donc de plus authentique  :
après la conférence, le mois dernier d’une anthropologue du CNRS, Sophie Bobbé , (-complément à son enquête de terrain ,il y a un trentaine d’année-, sur ce rite populaire local chargé de symboles qu’est la Fête de l’Ours,) , c’est sous la forme d’un reportage de nature ethnographique , réalisé dans notre Cité il y a plus de 6O ans par un professionnel de la photographie , qu’une nouvelle visite du passé nous est à présent proposée à la Médiathèque.

Scientifique ou artistique, cette double remontée aux sources n’ a pas manqué de toucher tous ceux qui s’y sont reconnus avec émotion , acteurs directs (-comme d’anciens hommes-ours et leur escorte,) ou – encore tout gamins- ,simples témoins captivés par l’enchainement de chacune des scènes de ce spectacle rituel, profondément enraciné dans l’imaginaire des Pratéens.

Cette fois ci, c’est l’association « Costumari de Catalunya Nord », dédiée au recueil des coutumes festives catalanes, qui , en partenariat avec la Municipalité, a organisé cette manifestation, -précédée d’une souscription et doublée d’un catalogue,- à partir d’un fond «Jean  Ribière », du nom de cet ancien journaliste et fondateur d’une Agence ,auteur de véritables reportages sur les anciens modes de vie et d’activités dans notre département. Prises lors des Fêtes de l’0urs de 1952, les 36 vues inédites en noir et blanc,  au remarquable rendu «  argentique », ont été captées la plupart sur le vif, avec le coup d’œil précis et aiguisé d’un homme de l’art.

Mais laissons parler Guillem Dalmau, rédacteur du catalogue (et co- organisateur de l’exposition avec Oriol Lluis Gual) : « à la différence des images disponibles, photos « souvenir »-, souvent posées et convenues », et « en la quasi-absence d’archives écrites »..« il s’agit d’une des premières  démarches de reportage .. complet et dynamique» sur le déroulement de la Fête. Quant à l’enseignement qu’on peut en tirer, c’est que « depuis les années 1950 la tradition a été maintenue », qu’elle était alors « très peu médiatisée » (« ni spectateur ni curieux, rien que des Pratéens »), que certains détails de la fête ont un peu évolué depuis, et enfin que son  « organisation était spontanée, » et «  transmise  oralement et de mémoire entre les générations »

Un pas de plus, et d’excellent niveau, dans la mise au jour progressive de ce précieux volet de notre patrimoine…..

(de G à D) : le Maire, la fille de Jean Ribière, Guillem Dalmau, Oriol Lluis Gual (photo JF Pompidor)