L’ OURS VA REVENIR

En ce moment même, l’Ours de cette contrée se prépare, dans nos hautes forêts, à son retour à une vie normale, à peine réveillé de son long sommeil hivernal

Se doute-t-il que, déjà repéré, les villageois d’en bas sont en train d’organiser une battue pour le capturer, puis le ramener au plus près de la condition humaine.

Tout est soigneusement prévu pour cet accueil, si l’on en juge par le calendrier proposé, tant sur les affiches que sur les journaux, (et où figure aussi le déroulement, dès le lundi, des réjouissances du Carnaval). Voici le programme de l’Office Municipal de Tourisme :

.-Vendredi 10 février à 18h au Cinéma « Le Nouveau Palace »

18h00 Vidéo-diaporama de Benjamin Malassingne : « Fêtes de l’Ours du Haut-Vallespir » Présentation souscription du prochain livre d’Oriol Lluis Gual : « Les Derniers Ours, une histoire des fêtes de l’Ours », Visite de l’exposition « Una mirada sobre l’ós » photographies de Jean Ribière par l’exposition Costumari de Catalunya Nord

-Samedi 11 Février

10h300 : Défilé de leurs Majestés Carnaval sénior et Junior avec passant de ville

11h00 : sardanes place Joseph de la Trinxeria devant la Mairie

11h45 : Election des Ours Junior par les Ours Seniors

13h00 : Calçotada sur le Foiral (Le Foyer Rural en cas d’intempérie)

16h00 : Bal des enfants au Foyer Rural

17h30 : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Gérona Place d’Armes

-Dimanche 12 Février

un ours en alerte ( (Photos JF. Pompidor )

« Fête de l’Ours »

11h00 : – Exhibition de la Colla Costabonne – Contrepas – Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona Place d’Armes.

13h30 : Habillage des ours au fort Lagarde

14h30 : Grande Chasse à l’Ours

16h30 : Rasage sur le Foiral- suivit d’une Ballada de Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona Place Joseph de la Trinxeria devant la Mairie.

22h30 : Grand Bal au Foyer Rural avec Christian Fontaine

-Lundi 13 Février

la tête du défilé à la rencontre de SM Carnaval

10h00 : Mascarade

11h00 : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona, Place Joseph de la Trinxeria.

15h00 : Encadenat, Corrida, Ball de la poste, et Ball de correr

17h30 : Sardanes avec la Cobla Ciutat de Girona Place d’Armes

22h30 : Grand Bal au Foyer Rural avec Christian Fontaine.

Avec Tio-tio, l’Echelle et à la fin de la soirée Incinération des deux Majesté Carnaval

-Mardi 14 Février

« Fête de l’Ours Junior »

10h30 : Rassemblement sur le Firal

13h30 Habillage des Ours Junior au Fort Lagarde

14h30 : Grande Chasse à l’Ours Junior

16h00 : Rasage des Ours Junior sur le Foiral et Incinération de la Patote

16h30 : Gouter au Foyer Rural

OCCITANS ET / OU CATALANS : SUITE (et FIN ?)

A la fin du mois de décembre 2016, sur ce site était annoncée la publication prochaine du logo définitif de la nouvelle Région « Occitanie-Pyrénées Méditerranée ». Eh bien, c’est fait, et s’il en est encore question ici, c’est bien parce que le sujet interpelle plus que jamais, ——-comme on l’a souligné-, cette partie frontalière du département, encore relativement isolée du fait de son relief et de son éloignement des grandes voies de circulation, facteurs qui ont fortement contribué à la préservation de la conscience intime et profonde de ses traditions et de sa culture..

A peine paru, ce logo, a fait l’objet de diverses critiques tant sur sa configuration propre que pour sa portée symbolique : le défaut d’authenticité et de lisibilité du versant « catalan » (3 barres d’inégale hauteur au lieu des 4 semblables, de couleur jaune et non rouge sang,- comme le commande la légende . Et en regard, la part avantageuse réservée au volet « occitan » : la reproduction fidèle et évocatrice des lignes brisées de la Croix Languedocienne ; la substitution, considérée comme chargée de sens, à la barre absente, d’un point identique à ceux ornant les extrémités de la croix

Mais, ailleurs, d’autres voix se font entendre, mettant en avant la préoccupation affichée à la fois de continuité du passé et d’innovation, s’agissant d’une entité sans précèdent  ; ou bien, outre le souci d’esthétique, la recherche d’une symétrie et d’un équilibre dans la représentation de chacune de ces deux principales composantes, malgré leur disparité d’étendue , de démographie et de potentiel économique .

Quoi qu’il en soit, la déception demeure en Pays Catalan, comme le résume avec humour le croquis du caricaturiste du quotidien l’Indépendant, paru le jour de la publication du nouveau logo.

sans commentaire….

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un logo consensuel ?

Les Vallées Catalanes du Tech et du TER

LE PAYS D’ART ET D’HISTOIRE TRANSFRONTALIER, BILAN et PROJETS

C’est à la Médiathèque « le Nouveau Palace » que se sont réunis de nombreux élus des deux versants des Pyrénées pour la présentation du bilan 2016 et de projets pour 2017 du Pays d’Art et d’Histoire Transfrontalier des Vallées Catalanes du Tech et du Ter, ainsi que pour le renouvellement du bureau. C’est à plusieurs titres que Prats de Mollo et sa haute vallée étaient concernés par cette cérémonie : d’abord de par son rôle actif de partie prenante dans cette structure, dont elle a jusqu’à présent hébergé le siège et l’équipe dirigeante du côté français (avant un prochain déménagement dans un site tout proche, spacieux et plus fonctionnel) ; ensuite du fait de la fin règlementaire de la présidence tournante, pour le Haut Vallespir, de Bernard Remedi, précédent Maire de notre Cité et ancien Conseiller Général, dont l’action positive a été saluée.

Rappelons que cette structure créée en 2010 « réunit des Communes et des acteurs en milieu rural sur l’espace transfrontalier des deux Catalognes »… qu’il regroupe en sa qualité de «  premier Pays d’Art et d’Histoire dont les frontières dépassent les limites administratives françaises », et qui est « géré par une structure juridique européenne, le GECT ». (valleescatalanes.org).

Le label PAH «  qualifie des territoires, communes ou regroupements de communes qui, conscients des enjeux que représente l’appropriation de leur architecture et de leur patrimoine par les habitants s’engagent dans une démarche active de connaissance, de conservation, de médiation et de soutien à la création et à la qualité architecturale et du cadre de vie »… « dans une perspective de développement culturel, social et économique ».

Parmi les très nombreuses réalisations de notre Pays d’Art et d’Histoire pour l’année 2016, financées par les instances européennes, ainsi qu’au plan national, régional et départemental, figurent des visites guidées de monuments, de sites, des jeux, des partenariats, des activités scolaires et péri scolaires, des publications, et la participation au groupe de travail pour les fêtes de l’Ours à l’UNESCO, dont Prats de Mollo est une des vitrines. Pour 2017, outre l’intensification et la diversification de ces actions, sont prévus, entre autres, l’amélioration de l’équipement numérique et documentaire, le lancement d’un festival transfrontalier de musique sacrée, la mise en place de nouveaux partenariats etc.

Les deux co-Présidents nouvellement élus sont, pour le Maire de Sant Joan de les Abadesses au sud, et celui de Maureillas les Illes, pour le Haut Vallespir.

le nouveau et l’ancien Bureau (photo JF Pompidor)

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l e logo national des PAH

CATALANS ET/OU OCCITANS ?

Si vous passez par Prats de Mollo ,vous rendant en Espagne ou en revenant, à pied ou sur roues, vous êtes prévenu : vous vous trouvez bien désormais en «  Pays Catalan » ; inédit, ce nouveau signalement – dorénavant apposé à l’entrée de la plupart des agglomérations des Pyrénées Orientales, ne manque pas ici de surprendre par son évidence, en ces hautes terres frontalières de l’ancien Comté de Barcelone, imprégnées d’une culture commune, irriguées depuis par de multi- séculaires échanges économiques et sociaux .

Pourtant cette banale indication qui, ici , parait aller de soi , n’est qu’une des manifestations les plus visibles de l’effervescence qui agite depuis l’été dernier tout le Département, depuis la consultation populaire, au mois de juin , sur le choix du nom de la nouvelle Région, issue de la fusion des deux préexistantes, (« Languedoc Roussillon » et « Midi – Pyrénées » avec respectivement Montpellier et Toulouse à leur tête ). Car l’ option finale et exclusive « Occitanie », (même ultérieurement tempérée du sous- titre géographique « Pyrénées- Méditerranée») gommait ainsi toute référence à la catalanité (précédemment incluse dans le terme «Roussillon ») . Elle ne manquait dès lors pas de provoquer, pour obtenir au moins l’adjonction des mots « Pays Catalan », une série de réactions d’ordre populaire, politique, ou juridique, allant de la création de « collectifs », de requêtes, de manifestations, à l’engagement de recours devant le Conseil d’Etat, ou, à titre subsidiaire, à la revendication d’une nouvelle appellation pour le département, incluant l ‘adjectif « Catalan », ou enfin à la création, prévue par la Constitution,, d’une nouvelle « Collectivité territoriale unique », à l’exemple de la Corse.

Cette vive émotion, ces multiples pétitions, pourraient étonner ou prêter à sourire, si elles ne reflétaient d’abord le sentiment d’isolement éprouvé en regard de la vaste et puissante nouvelle Région. Et surtout si cette agitation ne visait pas en réalité à repousser la menace durement ressentie de la disparition programmée -et donc de la négation- de toute la spécificité catalane , de son histoire , de sa langue, auxquelles les Français de ce bout des Pyrénées, (dont pourtant la fidélité à la France peut ici se mesurer à l’impressionnante liste des victimes de deux Guerres Mondiales sur le Monument aux Morts de la Cité) sont, de si longue date, viscéralement attachés, et aimeraient pouvoir le rester, en ce monde de plus en plus déboussolé.

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Le précédent logo

VINGT ANS D’EPREUVES

C’est une période peu connue en France, celle de la fin de la Guerre civile espagnole et de ses douloureuses suites, entre 1939 et 1959, qui est donnée à voir ces temps-ci au Salon d’Honneur de la mairie de Prats de Mollo. Elle est organisée dans le cadre des échanges culturels animés par le Pays d’Art et d’Histoire Transfrontalier du Tech et du Ter, à l’aide de panneaux réalisés par l’Ajuntament de Barcelone conjointement avec le Muséeu Etnologic, et prêtés par la Casa de la Generalitat de Perpignan.
Intitulée « Fam i Guerra a Catalunya », elle évoque les tragiques moments de répression et de disette dont s’est accompagnée , pendant au moins deux décennies, la prétendue «  libération » de l’Espagne par les troupes franquistes.

Pour Prats de Mollo , qui au début de l’hiver 1939 a vu -et provisoirement accueilli -près d’une centaine de milliers de soldats et de familles franchir le Col d’Ares sous la neige, ces épisodes font revivre des souvenirs poignants , auprès des témoins, mais plus encore des descendants de ces réfugiés, dont un certain nombre se sont établis avec succès dans le Département, revivifiant à cette occasion la culture catalane commune.

la présentation de l’exposition (photo JF Pompidor)

UN TEMOIGNAGE PATRIMONIAL EXCEPTIONNEL

La fête de l’Ours à Prats de Mollo il y a 65 ans


Prats de Mollo n’en finit pas de renouer avec la mémoire de ses traditions, dans ce qu’elle ont de plus lointain et donc de plus authentique  :
après la conférence, le mois dernier d’une anthropologue du CNRS, Sophie Bobbé , (-complément à son enquête de terrain ,il y a un trentaine d’année-, sur ce rite populaire local chargé de symboles qu’est la Fête de l’Ours,) , c’est sous la forme d’un reportage de nature ethnographique , réalisé dans notre Cité il y a plus de 6O ans par un professionnel de la photographie , qu’une nouvelle visite du passé nous est à présent proposée à la Médiathèque.

Scientifique ou artistique, cette double remontée aux sources n’ a pas manqué de toucher tous ceux qui s’y sont reconnus avec émotion , acteurs directs (-comme d’anciens hommes-ours et leur escorte,) ou – encore tout gamins- ,simples témoins captivés par l’enchainement de chacune des scènes de ce spectacle rituel, profondément enraciné dans l’imaginaire des Pratéens.

Cette fois ci, c’est l’association « Costumari de Catalunya Nord », dédiée au recueil des coutumes festives catalanes, qui , en partenariat avec la Municipalité, a organisé cette manifestation, -précédée d’une souscription et doublée d’un catalogue,- à partir d’un fond «Jean  Ribière », du nom de cet ancien journaliste et fondateur d’une Agence ,auteur de véritables reportages sur les anciens modes de vie et d’activités dans notre département. Prises lors des Fêtes de l’0urs de 1952, les 36 vues inédites en noir et blanc,  au remarquable rendu «  argentique », ont été captées la plupart sur le vif, avec le coup d’œil précis et aiguisé d’un homme de l’art.

Mais laissons parler Guillem Dalmau, rédacteur du catalogue (et co- organisateur de l’exposition avec Oriol Lluis Gual) : « à la différence des images disponibles, photos « souvenir »-, souvent posées et convenues », et « en la quasi-absence d’archives écrites »..« il s’agit d’une des premières  démarches de reportage .. complet et dynamique» sur le déroulement de la Fête. Quant à l’enseignement qu’on peut en tirer, c’est que « depuis les années 1950 la tradition a été maintenue », qu’elle était alors « très peu médiatisée » (« ni spectateur ni curieux, rien que des Pratéens »), que certains détails de la fête ont un peu évolué depuis, et enfin que son  « organisation était spontanée, » et «  transmise  oralement et de mémoire entre les générations »

Un pas de plus, et d’excellent niveau, dans la mise au jour progressive de ce précieux volet de notre patrimoine…..

(de G à D) : le Maire, la fille de Jean Ribière, Guillem Dalmau, Oriol Lluis Gual (photo JF Pompidor)

Canigou et Soleil couchant

C’est par un article récent paru sur le quotidien départemental l ‘Indépendant que revient à la mémoire du lecteur l’évidence que la Méditerranée, vaste étendue d’eau salée qui borde tant de pays liés par une histoire plurimillénaire et un climat communs , reste toujours aussi proche et familière à tous ses riverains , méritant ainsi toujours son nom de « Mare Nostrum ».

En effet c’est, en ce début de mois, grâce à Alain Origné, astrophysicien, qu’est ainsi publiée une indiscutable confirmation optique de la réalité de ce qu’on croyait être une légende ou une galéjade , celle de la vue , au soleil couchant, autour du 9 février et du 31 octobre , du Massif du Canigou à partir de Marseille, situé à 25O kms ; un tel spectacle était en effet tenu jusqu’ à présent pour impossible, toute ligne droite tracée entre les deux passant théoriquement à 120 m au-dessous du niveau de la mer.

Cette nouvelle preuve n’a pas qu’un intérêt scientifique : une telle proximité inespérée (la voie terrestre s’étale sur près de 400 kms) réjouira, non sans émotion, les Provençaux d’origine Catalane, et notamment les Pratéens vivant en Provence. Il ne faut pas oublier en effet que la haute vallée du Tech serpente au pied du versant Sud de cet imposant massif, chargé de légendes, qui s’élève à 2.750 m, et que ses propres et plus hautes estives s’arrêtent à la limite des paysages minéraux entourant sa cime.

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La preuve… chiffrée !!…

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Observation du Canigou aux environs de Marseille le 4 fevrier 2011

IL ETAIT UNE FOIS DES OURS…

« Une réflexion anthropologique sur les rapports homme-ours »

C’est dans une complicité manifeste avec l’assistance que Sophie BOBBE, anthropologue (CNR-EHESS), est revenue sur les lieux de ses premières recherches, qui portaient alors et déjà sur l’Ours en Catalogne ; et c’est ensuite que, (entre autres études sur les activités humaines, animalières et environnementales), elle les a complétées, élargies et enrichies par d’autres travaux sur les rapports entre l’homme et l’animal, y compris dans d’autres Etats d’Europe.

Il ne s’agissait, cette fois ci, non plus du volet festif des célébrations locales de ce plantigrade, mais d’une approche plus psycho- sociale de la relation complexe et ambigüe entretenue, au cours de l’histoire, avec cet animal sauvage, si peu éloigné de l’être humain et souvent l’objet d’un quasi-culte (l’Eglise n’a-t-elle pas dû prohiber sa représentation sur les étendards des « Princes» de l’époque pour la remplacer par celle d’un…lion ?) .

Il a été à cette occasion rappelé, notamment par Robert Bosch, spécialiste de la question, que c’est justement par ses enquêtes sur le déroulement de ces traditionnelles fêtes de l’Ours dans le Haut Vallespir que Sophie Bobbé a commencé, une trentaine d’années en arrière, sa carrière universitaire, en y associant spontanément, pour la première fois alors, (telle une préfiguration de leur candidature, conjointe et en cours, à une inscription auprès de l’Unesco), les trois communes d’Arles sur Tech, St- Laurent de Cerdans et bien entendu.de Prats de Mollo. Et c’est avec un plaisir non dissimulé qu’elle a retrouvé dans la salle un certain nombre d’authentiques acteurs de ces populaires Fêtes d’autrefois, qu’elle commençait tout juste à observer..

Cette conférence, présentée avec finesse et profondeur, avait été organisée par le Pays Pyrénées- Méditerranée dans le cadre de l’opération « En Course pour l’Unesco »

Sophie et d’anciens « sujets d’étude » (photo JF Pompidor)

une assistance « toute oreilles (photo JF Pompidor)

Conférence ( En cOURSe pour l’UNESCO )

Bonjour,
Sophie BOBBÉ, anthropologue parisienne, revient sur l’un de ses premiers terrains d’enquête trente après son étude sur les fêtes de l’Ours en Catalogne. 
Ainsi, elle a découvert la fête de Prats-de-Mollo en 1984 et 1985 et celles d’Arles-sur-Tech et de Saint-Laurent-de-Cerdans en 1986.
Elle proposera une conférence « Il était une fois des ours » à Prats de Mollo la Preste sur le thème des rapports hommes-ours le SAMEDI 26 NOVEMBRE à 17h (salle polyvalente – Cinéma Le Nouveau Palace).
Cette rencontre sera suivie d’un apéritif convivial.
Comptant vivement sur votre présence,
Bien cordialement
Christelle Nau
confours

Les Adieux à Jean Lareuse

jlUn artiste reconnu, qui a porté avec talent les couleurs et l’art catalans outre- atlantique, est revenu ,il y a peu ,à Prats de Mollo, retrouver,- mais à jamais cette fois ci, une partie de ses racines, là même où il séjournait chaque été avec son épouse,
Jean Lareuse laissera dans la mémoire des Pratéens de souche et de coeur une trace indélébile : outre la restauration de l’écusson de la Cité , altéré par les inondations, il a passionnément contribué à l’embellissement de la Chapelle des Saintes Juste et Ruffine,construite au XVII° à l’emplacement même où avait eu lieu un des miracles qui leur étaient attribués ; les trois prodiges de ces élues, ainsi que le rappel de leur supplice, sont également reproduits sur la façade et les murs de l’édifice , parmi une vingtaine d’autres tableaux ou vitraux, exposés en permanence,représentant le Christ, des Madones, et retraçant les « quatre étapes du destin de l’Homme ».
Né en 1925 de père cérétan et de mère pratéene, dont il a été très tôt orphelin, élevé en internat religieux à Perpignan, Jean Lareuse exerce des activités professionnelles à Bourg Madame et à Port Vendres, puis suit les cours de l’Ecole des Beaux Arts de Paris, avant de gagner les Etats Unis, pour poursuivre sa carrière encore débutante d’artiste peintre et où il y fondera une famille. Il réusira pleinement sur ces deux plans,et créera en 1968 à Washington la « Galerie d’Art Lareuse », tout en exposant ses œuvres à une cinquantaine de reprises, tant en Amérique qu’à Paris, et pour la dernière fois à Collioure cette année (évenement relaté ici même en octobre) .
Se voulant libre et « hors de toute Ecole », sa palette créative -où l’on peut déceler un « mélange de techniques impressionnistes et pointillistes », est très variée : outre divers sujets sur céramiques et sculptures, ses thèmes picturaux de prédilection vont des Marines et des Paysages, aux Natures Mortes et Personnages –notament des portraits de famille ou de Nonnes- en passant par les Chevaux, dans de vivantes scènes de courses ou de chasse, l’ensemble « aux couleurs gaies et franches ». Mais la part la plus touchante est, comme on l’a vu, celle de la Peinture Sacrée, proche du style de la Renaissance,et inspirée des costumes et des visages -« aux contours naturels «  et « pleins et de piété »., trouvés sur les  «  retables des eglises catalanes romanes » …
Souhaitons que le petit sanctuaire qui , au cœur du village, abrite ces gracieuses expressions de piété demeure pour toujours accessible aux promeneurs à la recherche de paix ,et de silence et de recueillement

(« clichés extraits de l’ouvrage sur l’artiste «Jean Lareuse, le plus Catalan des peintres américains » 2012 )

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Prats de Mollo