LES DERNIERS OURS

Une Histoire des Fêtes de l’Ours

Le Haut Vallespir peut s’enorgueillir de la publication récente d’un ouvrage* sur « les Fêtes de l’Ours », qui devrait faire date. Son auteur, Oriol Lluis-Gual, un des meilleurs spécialistes actuels, se propose, après de longues recherches, de « lever le voile sur l’ensemble des traces de ces fêtes…au travers d’un voyage dans le temps et l’espace ». Comme point de départ, l’auteur s’attache d’abord au Vallespir (dont Prats de Mollo** qu’il connait tout particulièrement, ainsi qu’aux agglomérations voisines d’Arles sur Tech et de St Laurent de Cerdans, chacune figurant l’ours à sa façon, ainsi qu’on peut le distinguer sur la page de couverture). Puis, au-delà de l’aspect descriptif abondamment traité et illustré, il recherche les traces de « rites et mythes multiséculaires » répandus dans le monde et notamment sur le continent européen, dans leur unité, leur diversité, et leur sens profond.

* publié par l’association « Costumari de Catalunya Nord, » dans sa collection « Quaderns » dédiée à la culture populaire locale / Avec 500 pages agrémentées de 300 photos,et de dessins,notamment signés Jaq Chambon / en vente dans les librairies de Prats de Mollo et du département

** pour un aperçu de leur déroulement à Prats de Mollo, voir sur ce site les articles de Février 2016, 2015, 2014

Les ours d’’Arles, Prats, et S Laurent

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l’ours de Prats
( photos O. Lluis Gual)

RENDEZ VOUS NOCTURNE

Le spectacle sous un ciel étoilé présenté annuellement dans l’enceinte du Fort Lagarde, – tout comme, dans la journée, les visites libres ou commentées (ainsi que les rencontres, expositions, reconstitutions, démonstrations équines, parades militaires, représentations théâtrales), et autres événements régulièrement organisés par l’Office du Tourisme – témoignent pleinement du fort intérêt que présentent, pour le public, les résidents et la commune, la préservation, la restauration, et la mise en valeur du patrimoine d’une agglomération au riche passé * .

Cette fois ci, le spectacle était, selon le périodique pratéen « l’Arbre Mentider », « basé sur l’initiation des recrues au XVIIIe siècle au sein d’une garnison, prétexte à évoquer la vie quotidienne dans l’enceinte du Fort », au grand plaisir notamment des enfants ravis de manier le sabre de bois aux ordres du sergent recruteur « Jolicoeur » et,à la fin du spectacle, de donner quelques caresses au cheval SCHA, mascotte des lieux .

Le tout, dans un cadre des plus authentiques. Rappelons en, effet qu’à l’emplacement actuel du Fort, a d’abord existé la « Torre de Guardia », élevée aux 13° et 14 ° siècle par le Roi d’Aragon, en vue de prévenir les populations (comme la Tour voisine, encore plus haute,du Mir) de l’arrivée des Normands par des signaux visuels (les « flamarades » (flammes ) la nuit, et les « fumades » (fumées) le jour, grâce à un réseau de transmission entre Tours à Signaux de la région. Après le Traité de Pyrénées de 1659, Louis XIV, pour surveiller la nouvelle la frontière mais aussi la cité, ordonna à Vauban d’entourer cette tour de solides remparts pour y bâtir l’actuel Fort Lagarde, où pouvaient loger 250 militaires.

Dans cette forteresse, le dernier fait le plus marquant a été celui de la capitulation le 6 juin 1793, entre les mains des troupes du Général Ricardos occupant la cité, de l’ensemble de la garnison française qui s’y était retirée un mois auparavant, et qui après quelques sorties, n’avait pu poursuivre sa résistance.

On se souvient en effet qu’une partie de l’armée espagnole avait envahi notamment le Vallespir en passant par Saint Laurent de Cerdans (en réponse à la déclaration de guerre de la France qui se sentait menacée par l’Espagne) – et que l’armée de la République, malgré la précédénte défaite du Mas Deu , avait repris le dessus suite à -entre autres succès- la victoire du Boulou remportée le 1° mai 1794 par le Général Dugommier, le conflit entre les deux États n’étant définitivement réglé qu’en juillet 1795…

* voir sur la revue Costabona (n° 2/2013, éditée par l’association patrimoniale Velles Pedres i Arrels.), l’article « De l’abandon à le Restauration » de Christelle Nau sur l’histoire exemplaire de cette fortification de fière allure, entre sa démilitarisation après la première guerre mondiale, son état de quasi-ruine, sa restauration et sa mise en valeur touristique.

Photo Office du Tourisme

CINEMA A LA FRONTIERE

« Après le succès des premières rencontres professionnelles transfrontalières de  Cinéma à la Frontière  de Prats de Mollo-la Preste en 2016, cette année la 2° édition de ce festival s’effectuera en deux temps. La première partie est constituée de projections publiques qui ont eu lieu à la Médiathèque « le Nouveau Palace » de Prats de Mollo sur le thème l’Exil et la Retirada, et sur celui du célèbre compositeur Pau Casals

La deuxième partie plus professionnelle est prévue pour les 7, 8, et 9 novembre toujours à Prats. C’est l’organisation Nord/Sud film qui est organisatrice de cet événement en partenariat avec la région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée, le département des Pyrénées Orientales, et la municipalité de Prats de Mollo-la Preste. »*

-L’Exil et la Retirada

Deux documentaires et un film ont été projetés sur cette terrible période, précédés de courts documents d’archives sur la guerre d’Espagne.

.D’abord « Les Enfants Volés – Donde Estas ? », (documentaire de Sandrine Mercier) qui relate le sort des nombreux nouveau-nés déclarés morts à la naissance dans des cliniques et vendus à d’autres familles jugées plus « respectables ». Ensuite le film « Angel », de Stéphane Fernandez : à 86 ans Angel, un vétéran de la guerre civile, refait son parcours ultérieur de résistant au pouvoir franquiste entre la France et l’Espagne. .Enfin « Camp d’Argelès », qui à l’aide de vues de l’époque et parfois de reconstitutions, décrit le camp de réfugiés (dont certains avaient franchi le Col d’Ares, frontalier et Pratéen) de janvier 1939 à sa fermeture en septembre 1941.

– Pau, la « Force d’un Silence »

Film biographique de Manuel Huerga , en avant-première dans le département,  du célèbre violoncelliste, compositeur et chef d’orchestre **, qui s’était exilé à Prades pour se soustraire au franquisme, en devenant un modèle de résistance par son comportement –notamment par son refus symbolique de jouer en public (et pas seulement en Allemagne, malgré de nombreuses invitations), et de retourner en Espagne, ou bien par son aide aux réfugiés espagnols dans les camps.. Un de ses élèves, français, réussira néanmoins, à organiser à son insu et autour de lui, à Prades, un concert de niveau international à l’aide des anciens amis du prodigieux exilé..

* extrait du périodique pratéen « l’Arbre Mentider »

** citoyen d’honneur de la ville de Prats de Mollo, dont une place porte le nom

l’équipe d’Exil et Retirada , (Ph JFP)

 

Pau Casals

LA « VILLE HAUTE » EN FETE

La fête annuelle du pittoresque quartier la « Ville d’Amunt » ( où les Comtes de Besalù puis de Barcelone avaient bâti un Palais, aujourd’hui disparu ) a connu le même succès que les années précédentes.. Contrapàs et sardanes , avec la renommée cobla Très Vents, sur l’antique Place haute , apéritif musical sur la placette de l’Era, repas champêtre (avec plus de 260 convives) au pied des remparts et à proximité d’une fraiche fontaine, avec escargots braisés (« cargolada ») et grillades, chansons catalanes de Ramon Gual, démonstration de flamenco, et ,pour finir, concert d’un groupe barcelonais « dans le vent ».

Mais, ( tout comme, officiellement , la veille au pied de la Mairie sous l’égide des autorités municipales,) une émouvante minute de silence a été observée lors du repas par tous les participants, avant que soit entonné l’hymne Catalan « Els Segadors ,  en signe de soutien et d’amitié envers la Catalogne Sud et les victimes de toutes nationalités ,douloureusement atteintes par les derniers attentats islamistes, tant à Cambrils qu’à Barcelone.

Un apéritif au muscat de Rivesaltes

(ph JFPompidor))

TRADITIONS ET FERVEUR

Le lendemain de l’Assomption est traditionnellement, dans le cadre du culte marial, fêté en Catalogne Nord, et donne lieu à des pèlerinages en l’honneur de la Vierge Marie,  comme par exemple à ND de Consolation à Collioure. A Prats de Mollo, ainsi que pour les paroisses voisines de La Manère et Serralongue, c’est à l’Ermitage de Nostra Senyora del Coral (ND du Coral), à 2 h de marche en montagne, que se rendent les pèlerins pour y vénérer, telle une relique, la statue de la « Verge Maria », miraculeusement découverte, selon la légende sacrée, par un taureau au cœur d’un chêne*.

Rituellement, ce pèlerinage commence dans la chapelle comble par une messe en catalan,-accompagnée de « goigs » (cantiques), suivie, au pied du parvis, d’un « contrapàs » et de sardanes publiques , et, après le repas champêtre pris sous les ombrages ou dans l’auberge rustique, « aplec » (rassemblement) clôturé par la « despedida » (les adieux ) , chantée avec ferveur autour de la statue sacrée logée dans le « camaril » qui domine la nef..

*voir l’intéressant article de Guillem Dalmau sur les « récits d’invention »  des Vierges nord- catalanes, dans la revue annuelle « Costabona » (n° 2/2013 – ISSN 2417-226X), éditée par l’association de sauvegarde du patrimoine « Velles Pedres i Arrels »

Un ermitage perdu dans la montagne

UN PARTAGE TRANSFRONTALIER

Nos voisins et amis de Camprodon ont tenu tout récemment à nous faire bénéficier de leur expérience et de leurs enviables ressources en matière musicale. Portée par la vénérable (elle en est déjà à sa 32° édition) et réputée institution du « Festival Isaac Albéniz » (natif de cette verdoyante ville de montagne), complétée par l’organisation de cours et concours internationaux renommés, cette antique cité offre volontiers aux mélomanes de cette région enserrée entre Méditerranée et Pyrénées, et au-delà, des concerts de qualité.

C’est ainsi que Prats de Mollo, et son Office du Tourisme,( – grâce au soutien du collectif « Mare Nostrum Musicae », à vocation transfrontalière et qui se dédie entre autres à la formation des jeunes,)- ont eu le vif plaisir d’accueillir tout récemment, une vingtaine d’élèves de différents conservatoires catalans et français, en   stage intensif à Camprodon, regroupés sous l’appellation « Camerata dels Pirineus Catalans ».

L’encadrement de ces stagiaires était assuré par le directeur artistique du collectif, le violoncelliste François Ragot, qui s’est déjà produit à Prats, et par des interprètes chevronnés, à savoir un premier et deuxième violon et un altiste.

Ont ainsi alterné, avec autant de maîtrise que d’entrain, toute une diversité d’instrumentistes, futurs virtuoses des cordes (violoncelle alto, violons), comme des vents (flûte,clarinette, hautbois).

Il faut dire que, aussi bien pour les auteurs ( de M.A Charpentier à Respighi, en passant par Bach, Haendel, Ravel, Albéniz ) que pour les œuvres choisies, le programme avait été judicieusement composé pour favoriser la juste et libre expression des talents de chaque intervenant, et aussi pour la plus grande satisfaction d’un public éclectique, séduit par autant de fraicheur et de spontanéité..

(photos Camerata dels Pirineus)

UN PATRIMOINE EN SURVEILLANCE

« Un passé plus que jamais présent et garant de notre avenir »

C’est à la Médiathèque de Prats de Mollo que s’est tenue récemment l’assemblée générale de l’association de sauvegarde et de valorisation du patrimoine « Velles Pedres i Arrels ». Bientôt trentenaire, cette association,-qui au-delà de la restauration du patrimoine monumental a, dans les dernières années, diversifié ses actions pour mieux couvrir encore l’éventail des richesses du passé de la cité millénaire et de son environnement – a fait un point encourageant sur ses réalisations et sur les opérations en cours : l’édition du 6 ° numéro du « Costabona », sa revue annuelle d’histoire et de culture populaire ; le développement du présent site « vellespedres.fr », pour informer régulièrement le public des nombreux évènements locaux d’ordre patrimonial et pour le regroupement numérique des données de terrain ou documentaires en ce domaine ; enfin la préparation de la mise en place prochaine d’un espace muséal « Arts-Histoire- Traditions ».

Les rapports moraux et financiers ont été approuvés à l’unanimité. Un appel a été lancé aux détenteurs d’objets ou documents anciens, même parfois d’aspect anodin, pour compléter les collections existantes et à cette occasion apporter un élément essentiel à la compréhension de notre histoire passée ou récente

A ce propos une importante archive de plus de 400 lettres concernant la guerre de 1914-18 a été offerte à l’association par l’un de ses membres. Une invitation a été faite à tous ceux qui, attirés par la réactivation, sous toutes ses formes, de la mémoire de cette haute vallée du Tech, encore peu explorée, souhaiteraient se joindre aux équipes de bénévoles en activité.

un auditoire attentif (ph JFP)

PLEIN LA VUE SUR NOS PAYSAGES

En quelques jours les Pratéens, ont eu le plaisir de re- découvrir une approche originale de l’environnement de leur département, dans ses deux facettes emblématiques, la mer et la montagne.

C’est d’abord, par Remy Michelin, une professionnel de la photographie, et en avant-goût d’une prochaine publication*, la projection d’images du survol aérien du massif du Canigou (dont Prats occupe une bonne partie du versant Sud), mettant en valeur la beauté mais aussi la rudesse de ses hauts reliefs.

Ensuite, par l’entremise de l’Institut Jean Vigo de Perpignan (qui, notamment, recueille et restaure à des fins patrimoniales les vieux films de famille), la collection de vues prises par le pratéen Bernard Caillet, intitulée « Filmer le bord de Mer** : le littoral Languedoc- Roussillon », des années 1920 -1980, évoquant un passé encore récent mais parfois nostalgique (tels que les pêcheurs de Collioure ou à Port Vendres, le mouvement des bateaux venant d’Algérie)

* «Canigou de Haut Vol », à paraitre en fin d’année

** rappelons qu’une importante partie du littoral roussillonnais est nettement visible du haut des crêtes dominant le village, (y compris le scintillement de la mer) et particulièrement de la Tour à signaux, dite «du Mir »

Remy Michelin (photo JF Pompidor)

 

Bernard Caillet (photo JF Pompidor)

 

 

POINT DE SUSPENSION ET SALON DU LIVRE

* L’ Atelier d’Ecrirure de Prats de Mollo a présenté, juste avant le Sa lon du Livre qu’il organise chaque année , le troisième tome des  Petites Nouvelles du Haut Vallespir  (TDO Editions), «..  sous forme de recueil de courtes nouvelles, où treize auteurs  du cru  ont mis à l’honneur, sur fonds de badinage , les métiers d’autrefois sur le territoire de la commune ». Cette dynamique association, qui propose également des conferences et des expositions , a fêté ses 10 ans , et « entre autres desseins, oeuvre pour un nouveau projet littéraire, et d’ordre patrimonial, à partir de la mémoire des anciennes activités commerciales » à Prats de Mollo (voir dans le n° 6 de la revue « Costabona » – éditée par l’association patrimoniale « Velles Pedres i Arrels »  et présent au Salon du Livre 2017, – l’article « Pour une mise en mots de de la mémoire des échanges commerciaux »)

* Mar i Munt, (la double vocation de notre département), est le nom de baptême qui a été donné au X° Salon du Livre à l’ombre des platanes de Prats de Mollo, qui outre les nombreux stands d’ouvrages, en présence des auteurs et des éditeurs, avait préparé, tout au long d’une dense journée, du théâtre interactif, un accompagnement musical, un repas convivial mêlant auteurs et lecteurs, des diaporamas, des projections de films, amateurs ou professionnels, des conférences variées … bref, une exceptionnelle et intense journée culturelle…

le tome 3 du « Point de Suspension

Photos JfP

 

LA SARDANE EN FÊTE 

C’est le premier dimanche d’août qu’a rituellement lieu la célébration (sous la forme d’un « Aplec » ) de la « Fête Catalane » organisée par le Foment de Prats de Mollo (nommé « els Amics de la Sardana »), avec la participation de l’excellente cobla « Tres Vents », et un programme chargé : le matin : contrapàs, avant-goût de sardanes, démonstration de grâce et de virtuosité par la spectaculaire « Colla  Costabona » pratéenne ; repas champêtre sous les platanes du Firal ; puis reprise en nombre des sardanes publiques, et le soir , en clôture, concert de musique catalane à l’Eglise paroissiale offert par la même Cobla (pour plus de détails sur cette fête annuelle ,voir ci-contre « Archives, à la date du 4/8/2015).

Mais cette année, tout particulièrement, régnait un parfum à la fois de nostalgie et de fierté, à l’évocation de la naissance il y a 4O ans, puis du parcours, de ce groupe d’ Amics de la Sardane, une « belle aventure* menée par une population entière, entrainée par une poignée de Pratéens, conscients de la richesse de leurs racines, et convaincus de la nécessité de les préserver de l’oubli » .

C’est ce que ce cercle élargi avait alors  voulu « donner un élan nouveau à (notre) symbolique ronde populaire » tout en « la valorisant et en l’enrichissant par le biais d’événements inoubliables » (la renaissance du contrapàs, l’organisation, -inédite à Prats- de spectaculaires concours internationaux de sardanes, la création d’une « école de sardanes » et d’une « colla »  de prestige, la fondation d’une chorale « la Barretina »,le rassemblement annuel de centaines de sardanistes dans le cadre de populaires « aplecs », et en complément de ce volet festif, l’ancrage d’un climat culturel sans précèdent : expositions, concerts, conférences ,hommages aux grandes figures locales etc ) ; comment des lors s’étonner de la consécration concomitante de Prats de Mollo comme Ciutat Pubilla de la Sardana, rare et prestigieuse distinction solennellement décernée lors d’un cérémonie transfrontalière mémorable, précédant de peu la célébration du Millénaire de la Cité.

*détaillée dans le n° 4 /15 de la revue Costabona, éditée par Velles Pedres i Arrels, voir l’article « une Mémorable Décennie 1976-1986 ».

le concert catalan (ph JF Pompidor)