Prats de Mollo fait la guerre aux pesticides

C’est une journée entière que Prats de Mollo a consacrée à l’écologie et à la protection de notre si précieux environnement, dans le cadre de son homologation « O Phyto ».

Celle-ci avait déjà été accordée fin 2016, par la FREDOM (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles),notamment en raison de l’importance des ressources en eau potable à protéger dans la haute vallée du Tech, et en récompense des efforts accomplis par la Commune de Prats de Mollo pour réduire l’usage des pesticides dans les espaces verts et les voiries.C’est en décembre dernier en effet que cette dernière a été distinguée par l’attribution du label évocateur des « Trois Grenouilles »

Le matin plusieurs bénévoles, encadrés par des Agents municipaux, ont désherbé des centaines de mètres carrés de voies passages, escaliers et murailles de la cité, en bannissant tout recours aux produits chimiques, pour arracher les mauvaises herbes à la main ou en les brulant au chalumeau, le tout se terminant par une conviviale grillade de charcuteries du pays sous les frais ombrages de la Fontaine Élisabeth.

L’après-midi, c’est à l’occasion d’une conférence organisée par le collectif « Alternative aux Pesticides » que fut présenté le « jardin raisonné herbu et fleuri », cultivé écologiquement , avec une place laissée à des zones de la vie naturelle , nourri de matières purement organiques excluant les insecticides, recourant aux vielles recettes d’antan pour renforcer la résistance aux maladies et parasites

photos JF Pompidor

UN CONCOURS BIEN ANIME DE SARDANES «  BALLADORES »

C’est Prats de Mollo la Presta,titulaire depuis 1982 de la très recherchée distinction de « Ciutat Pubilla de la Sardana » (la fille ainée, l’ heritière) qui a été choisie en vue d’ accueillir et organiser pour la première fois cette exigeante épreuve publique, sous les frais platanes du Firal. Il ne faut pas oublier non plus que c’est à l’ermitage du Coral, tout proche , que , avec una cobla venue de la ville voisine de Camprodon, fut dansée pour la première fois dans cette haute vallée, dans la deuxième moitié du XIX ° siècle, la forme la plus aboutie de la sardane (dite « longue, » actuellement pratiquée ), issue d’une longue évolution d’antiques ballets et traditions populaires ; et que c’est encore à Prats de Mollo qu’ est ressortie de l’oubli la ronde religieuse et médiévale, la seule à être encore, notamment lors de la Semaine Sainte, exécutée en Catalogne Nord , le Contrapàs, (voir par exemple, sur ce volet Actualités du site, aux mois de juillet et aout 2016).

Il s’agissait donc certe fois ci de decerner un prix , parmi six compositions soigneusement trièes, à la meilleure et récente sardane, de celles dites «  balladores » (c‘est à dire pour « danser », ce qui les differencient du repertoire plus épuré des sardanes dites « de concert », destinées plutôt à une écoute attentive), toutes entrainées par les sonorités des « tenores » et » tibles »  de la très apprécieé cobla « Tres Vents ». C’est sous le regard strict et objectif d’un jury d’experts, avec à sa tête le President de la Federation Sardaniste du Roussillon, que les sardanistes et le public ont voté, en raison de leur qualité musicale et esthétique, pour « la Tour du Mir » de Jordi Paulu (1° prix), « Prats en Festa » de Lilain Perez (2° prix ) et « Un any jà » de David Pigassou (3° prix).

La cobla Tres Vents

Le Jury

les rondes de « balladors »

(photos JF Pompidor)

LA CONFRERIE DU « COSCOLL » S’ELARGIT

S’il est une plante qui n’a pas – pour le moment en tout cas – à craindre une contamination chimique par les produits phytosanitaires, phytopharmaceutiques et pesticides, c’est bien le COSCOLL (ou angélique sauvage »,ou « herbe aux anges »), ombellifère familière des sources et des torrents de haute montagne, et abondante dans les recoins humides de ce haut de vallée. Outre ses vertus médicinales (pour les maladies de poitrine et les maux d’estomac), ses tiges creuses, craquantes, légèrement et savoureusement amères, font le régal des gourmets qui les assaisonnent à leur gout ; le plus souvent excellents cueilleurs de champignons, et donc marcheurs sinon même grimpeurs, les amateurs de cette salade sauvage n’hésitent pas, de juillet à septembre , à franchir crêtes et vallons pour les dénicher, en prenant bien garde de ne pas les confondre avec la si ressemblante mais vénéneuse cigüe.

C’est dans le cadre de cette activité aussi gastronomique que sportive que,au cours des journées « O phyto », cinq Pratéens , dont le Maire de la commune, ont été intronisés « membres de la Confrérie des Coscolls », (qui fédère les promoteurs des produits du terroir et du territoire), recevant en cette solennelle occasion,mais avec humour et dans la bonne humeur, tablier, baratine, et diplôme de confrère.

la cellule pratéenne de la Confrérie (photo JF Pompidor)

BALADE DES SALADES SAUVAGES DE PRATS MOLLO

Pour la V° année consécutive, la « Journée des Salades Sauvages de Montagne» préparée par la Réserve Naturelle de Prats de Mollo, a accueilli, à partir du Refuge de les Conques, de nombreux curieux ou randonneurs souhaitant, selon les organisateurs, « d’identifier, comprendre, gérer, découvrir les saveurs.. pour un partage et une gestion de le ressource, un comportement de cueillette responsable et raisonnable ».

Rappelons que cette Réserve, de près de 2400 ha (sur les 14.500 ha du territoire pratéen) a été créée en 1986, avec pour copropriétaires l’Etat (63,5%), des personnes ou entités privées, et la commune ; elle fait partie, avec 10 autres, de la Fédération départementale des Réserves Naturelles des Pays Catalans (réserve marine comprise) chargées de protéger, gérer, et faire découvrir les richesses d patrimoine vivant dans ses aspects géologiques, sa faune et sa flore ainsi que les « milieux naturels » qui, en montagne, comprennent surtout forêts, prairies et pelouses, et s’exposent de l’étage alpin (au-dessus de 2200 m d’altitude), à l’étage subalpin. (1850-200 m), et jusqu’au sommet de l’étage montagnard (1600-1850 m)

des limites bien définies

LA SAISON SARDANISTE REPREND:

C’est  demain qu’aura lieu , un bien bel evenement , au  Foiral de Prats de Mollo : un concours inédit  de composition de « sardana  balladora », c’est à dire  » à danser »  ( différente des sardanes dite « de concert », plus épurées  et réservées à  une écoute  concentrée, de préférence  en salle  et..  ..dans un fauteuil), le tout interprété par la cobla Tres Vents, plusieurs fois primée.

C’est au public qu’il appartiendra d’opérer le classement des compositions jugées , -de par leurs   diverses qualités  requises en la matière-  les plus représentatives de cette danse populaire des catalans, aussi gracieuse qu’exigeante. Mais  leur exécution,  sous l’ ombrage des platanes, sera évidemment de mise, à la  plus grande  joie des sardanistes et des spectateurs.

RETOUR EN IMAGES SUR LES FETES DE L’OURS

Les Pratéens ont pu apprécier pendant près d’une heure de projection, présentée par l’Office du Tourisme, une  rétrospective des images les plus significatives des célèbres Fêtes de la Chandeleur, des années 2016 et 2017, rassemblant les meilleures prises de vue de seize photographes et vidéastes amateurs ou professionnels.

l’Ours de Prats de Mollo

un des défilés du Carnaval
(photos JF Pompidor)

LES RITUELS DE LA SEMAINE SAINTE A PRATS de MOLLO

Comme chaque année, à la même époque, Prats de Mollo n’a pas dérogé à la tradition liée à l’Œuf Pascal, (et à l’omelette du même nom) – encore en vigueur dans certaines cités de notre département, dite « el Goig dels Ous »., qui associe retour au passé, hommage à la culture catalane, foi religieuse, implication des villageois,proximité,échanges et convivialité, mais aussi bonne humeur. Ce cantique populaire (auquel s’ajoutent à l’occasion bien d’autres extraits du répertoire ancestral), est chanté devant chaque demeure du village par un groupe de villageois, encadré par des membres des chorales anciennes ou en activité,qui reçoivent à cette occasion de quoi agrémenter la collation qui clôture la tournée..
Mais c’est aussi, au pied de l’Église, la Procession du Christ Ressuscité, où les statues du Fils crucifié et de la Mère éplorée, portées par les fidèles, se croisent et s’inclinent..

(voir aussi sur « Archives », au 16/4/ 2015)

Le Goig del Ous

la Processio del Resucitat       (photos JF Pompidor)

UNE MISE EN VALEUR BIEN MERITEE

C’est au Fort LAGARDE que le photographe animalier Lionel LAPORTE présente ses remarquables photos de la faune sauvage du Haut Vallespir, dont il est un spécialiste connu.

Son « Gypaète barbu » avait déjà remporté le Grand Prix PRATIMAGE 2015 (voir ci-contre ARCHIVES, au 4septembre) et avait été classé 2° au concours des Réserves Naturelles Catalanes la même année. Toujours à ce même concours mais en 2016, sa photo d’Isard a été classée 3° (et le thème floral, 2°).

le Gyapète barbu - (Grand Prix)

UN TRAGIQUE SOUVENIR DE MONTAGNE

Invité récemment à décrire, pour une revue patrimoniale, la haute Vallée du Tech, où niche Prats de Mollo, l’un des meilleurs connaisseurs de cette région plus qu’accidentée, s’exprimait ainsi  et tout à fait à juste titre : «  entourée d’une ceinture de crêtes élevées, elle s’ouvre de manière relativement aisée aux territoires voisins… exposée au sud, elle n’en conserve pas moins un climat agréable, … le tout procurant, dans un environnement grandiose et peu sauvage, une sensation d’harmonie, de mesure et d’apaisante proximité ».

Mais la nature réserve bien de surprises.. D’où la forte impression laissée dans les mémoires par le drame exceptionnel qui s’est joué sur les hauteurs de Prats de Mollo, le dimanche de Pâques 1977, il y a juste 40 ans, et qui nous est rappelé dans « l’Arbre Mentider »,* sur le témoignage de deux randonneurs qui évoluaient non loin.( et qui s’en tirèrent, eux de justesse), résumé ci-après :.

« . La journée avait commencé avec un temps variable mais propice aux randonnées en montagne … (alors que le temps sur Prats de Mollo, à moins de 8 Km, était resté acceptable et les températures légèrement positives); mais en un quart d’heure,  le mauvais temps s’abat sur les randonneurs, le brouillard, la neige et le vent de tempête ; les conditions deviennent dantesques.. or sur les pentes du pic de Bassibes (2637m) un groupe de trois personnes – deux randonneurs très expérimentés et une jeune femme-.. partis le matin du refuge de Mariailles, en Conflent, en direction des abords de l’ermitage de St Guillem de Combret, en Vallespir , pris dans la tempête de neige , se trompe de vallée… ; après plusieurs chutes à cause de la puissance du vent (environ 150 Km/h) ils perdent des vêtements contre le froid en les sortant du sac.. et creusent une tranchée pour s’y abriter ; un des deux randonneurs porte plus bas la jeune femme, qui était déjà en hypothermie, jusqu’à la cabane des « Xicolles », vers 1900m d’altitude, dont il doit défoncer la fenêtre à coups de piolet ; et après avoir vainement tenté de la réanimer, la laisse dans la cabane, et remonte chercher son camarade ; mais le trouvant déjà mort, il l’attache à un piolet, redescend à la cabane et repart en courant en fin d’après-midi au plus près des zones habitées pour appeler des secours; les pompiers ne parviennent que difficilement au refuge des « Estables », alors que le thermomètre extérieur marquait –30°C, puis arrivent à la cabane des Xicolles, où ils trouvent la jeune femme morte, sous une température intérieure de – 25° ; ils la redescendent à Prats, l’autre randonneur n’ayant pu être retrouvé malgré les recherches qui durèrent, toujours sous la tempête, jusqu’après minuit. Ce n’est que le lendemain matin, le beau temps étant revenu, qu’il sera à grand peine découvert sous une épaisse couche de neige. ».

*gazette locale, n°137

« la Croix de Mata » (photo Y.P)