CATALANS ET/OU OCCITANS ?

Si vous passez par Prats de Mollo ,vous rendant en Espagne ou en revenant, à pied ou sur roues, vous êtes prévenu : vous vous trouvez bien désormais en «  Pays Catalan » ; inédit, ce nouveau signalement – dorénavant apposé à l’entrée de la plupart des agglomérations des Pyrénées Orientales, ne manque pas ici de surprendre par son évidence, en ces hautes terres frontalières de l’ancien Comté de Barcelone, imprégnées d’une culture commune, irriguées depuis par de multi- séculaires échanges économiques et sociaux .

Pourtant cette banale indication qui, ici , parait aller de soi , n’est qu’une des manifestations les plus visibles de l’effervescence qui agite depuis l’été dernier tout le Département, depuis la consultation populaire, au mois de juin , sur le choix du nom de la nouvelle Région, issue de la fusion des deux préexistantes, (« Languedoc Roussillon » et « Midi – Pyrénées » avec respectivement Montpellier et Toulouse à leur tête ). Car l’ option finale et exclusive « Occitanie », (même ultérieurement tempérée du sous- titre géographique « Pyrénées- Méditerranée») gommait ainsi toute référence à la catalanité (précédemment incluse dans le terme «Roussillon ») . Elle ne manquait dès lors pas de provoquer, pour obtenir au moins l’adjonction des mots « Pays Catalan », une série de réactions d’ordre populaire, politique, ou juridique, allant de la création de « collectifs », de requêtes, de manifestations, à l’engagement de recours devant le Conseil d’Etat, ou, à titre subsidiaire, à la revendication d’une nouvelle appellation pour le département, incluant l ‘adjectif « Catalan », ou enfin à la création, prévue par la Constitution,, d’une nouvelle « Collectivité territoriale unique », à l’exemple de la Corse.

Cette vive émotion, ces multiples pétitions, pourraient étonner ou prêter à sourire, si elles ne reflétaient d’abord le sentiment d’isolement éprouvé en regard de la vaste et puissante nouvelle Région. Et surtout si cette agitation ne visait pas en réalité à repousser la menace durement ressentie de la disparition programmée -et donc de la négation- de toute la spécificité catalane , de son histoire , de sa langue, auxquelles les Français de ce bout des Pyrénées, (dont pourtant la fidélité à la France peut ici se mesurer à l’impressionnante liste des victimes de deux Guerres Mondiales sur le Monument aux Morts de la Cité) sont, de si longue date, viscéralement attachés, et aimeraient pouvoir le rester, en ce monde de plus en plus déboussolé.

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